dimanche 9 novembre 2014

Législatives 2014

Le "miracle" économique

Une course contre la montre se déclenche entre les partis politiques tunisiens, pour exercer le pouvoir par au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Et comme les programmes économiques sont très importants dans la période actuelle,  les partis, les coalitions et les indépendants  n'hésitent pas à faire des promesses ambitieuses, et à proposer des solutions  miraculeuses.

En dépit de leurs tendances politiques différentes, les partis en lice se sont mis d’accord, sans le savoir, sur des programmes économiques irréalisables. La majorité des partis met l’accent sur la relance économique, l’éradication du chômage, le renforcement de l’investissement...http://www.africanmanager.com/172197.html
Le mouvement Enahdha, le parti vainqueur des élections du 23 octobre 2011, promet de réaliser un taux de croissance de 5% pour les trois prochaines années et de 6% à partir de l’année 2018,  soit un taux moyen de croissance de 6%.
L’Union pour la Tunisie (UTP) vise à atteindre un taux de croissance de 7% entre 2015 et 2019, tandis que le Front Populaire, un peu plus réaliste, prévoit un taux de croissance de 3% en 2015 en insistant sur la création des richesses et le contrôle des secteurs stratégiques.

Sachant que le taux de croissance est un indicateur  utilisé pour mesurer la croissance de l’économie d’un pays d’une année sur l’autre. Ce taux se calcule en se basant sur le PIB (produit intérieur brut) du pays.
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays? codeTheme=2&codeStat=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&codePays=TUN&codeTheme2=2&codeStat2=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&codePays2=MAR

Le PIB est la somme des valeurs ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays pour l’ensemble des branches d’activité. C’est un indicateur économique principal de mesure de la production réalisée à l’intérieur d’un pays. A vrai dire, augmenter le taux de croissance d’un pays dépend  de la réalité économique et du taux de production en général.

A cet égard, la Banque Centrale a été plus concrète, elle a révisé à la baisse ses prévisions de croissance à 2.4% contre 2.8% pour l’année courante et à 3% pour 2015.

Eradication du chômage
La plupart des partis rêvent de diminuer le taux de chômage notamment auprès des jeunes diplômés. Dans ce cadre, Nidaa Tounes promet la création de 90 mille emplois, parallèlement l’UTP parie sur la mise en place de 143 mille emplois. De sa part le mouvement Enahdha s’attache à réduire le taux de chômage pour atteindre 10% contre 15%, actuellement.
Ceci étant, les experts livrent une lecture critique des promesses de "miracles économiques" des uns et des autres. M. Radhi Meddeb, expert économique, estime que ces objectifs sont « déconnectés de la réalité économique », il déclare que  « La réalisation de niveaux élevés de croissance est insuffisant sans un développement inclusif au plan social et régional »



Les régions rêvent
La liste des promesses est encore longue, mais le programme le plus attirant et le plus proche du vécu des tunisiens, c’est celui de développement des régions pour réduire le fossé entre eux. Tous les partis n’ont pas manqué d’imaginer un scénario adéquat pour les régions, comme la promotion du tourisme, la réforme de l’infrastructure, l’autonomie économique, l’industrie lourde …

L’industrie lourde désigne les activités nécessitant l’emploi d’outils et de capitaux très importants. C’est un domaine de la production ou la transformation de la matière première (les mines ; la métallurgie, la chimie, construction navale, la production de l’électricité…)
Néanmoins, il faut savoir que le coût d’un simple projet d’industrie lourde,   l’investissement lié à la construction d’une usine à partir d’une minerai de fer et de houille d’une capacité de 5 millions de tonnes par an peut atteindre 9 milliards de dollars (13.5milliards de dinars tunisiens) soit 47% du budget de la Tunisie à savoir 28.3 milliards de dinars pour l’année 2014.

Afin de tenir leurs promesses, les partis en lice ont vivement besoin de mieux préciser leurs programmes économiques, et évidement, d'identifier les voies pour les concrétiser, tout en respectant les difficultés financières qu’affronte le pays. En contre partie,  ils sont appelés à consulter les experts économiques, notamment que « la Tunisie fait face à une grande crise financière et économique et nous estimons que les partis politiques ne sont pas conscients de la situation » selon Mr Meddeb.


Malgré la multitude des projets présentés par les partis politiques pendant leurs campagnes électorales, ils restent utopiques. A moins d'un miracle, ces projets ne peuvent être réalisés.

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