Le "miracle" économique
Une course contre la montre se déclenche entre les partis politiques tunisiens, pour exercer le pouvoir par au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Et comme les programmes économiques sont très importants dans la période actuelle, les partis, les coalitions et les indépendants n'hésitent pas à faire des promesses ambitieuses, et à proposer des solutions miraculeuses.
Une course contre la montre se déclenche entre les partis politiques tunisiens, pour exercer le pouvoir par au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Et comme les programmes économiques sont très importants dans la période actuelle, les partis, les coalitions et les indépendants n'hésitent pas à faire des promesses ambitieuses, et à proposer des solutions miraculeuses.
En dépit de leurs tendances
politiques différentes, les partis en lice se sont mis d’accord, sans le
savoir, sur des programmes économiques irréalisables. La majorité des partis
met l’accent sur la relance économique, l’éradication du chômage, le
renforcement de l’investissement...http://www.africanmanager.com/172197.html
Le mouvement Enahdha, le parti
vainqueur des élections du 23 octobre 2011, promet de réaliser un taux de
croissance de 5% pour les trois prochaines années et de 6% à partir de l’année
2018, soit un taux moyen de croissance
de 6%.
L’Union pour la Tunisie (UTP) vise à
atteindre un taux de croissance de 7% entre 2015 et 2019, tandis que le Front
Populaire, un peu plus réaliste, prévoit un taux de croissance de 3% en 2015 en
insistant sur la création des richesses et le contrôle des secteurs
stratégiques.
Sachant que le taux de croissance
est un indicateur utilisé pour mesurer
la croissance de l’économie d’un pays d’une année sur l’autre. Ce taux se
calcule en se basant sur le PIB (produit intérieur brut) du pays.
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays? codeTheme=2&codeStat=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&codePays=TUN&codeTheme2=2&codeStat2=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&codePays2=MAR
Le PIB est la somme des valeurs
ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays pour l’ensemble des branches
d’activité. C’est un indicateur économique principal de mesure de la production
réalisée à l’intérieur d’un pays. A vrai dire, augmenter le taux de croissance
d’un pays dépend de la réalité
économique et du taux de production en général.
A cet égard, la Banque Centrale a
été plus concrète, elle a révisé à la baisse ses prévisions de croissance à
2.4% contre 2.8% pour l’année courante et à 3% pour 2015.
Eradication du
chômage
La plupart des partis rêvent de
diminuer le taux de chômage notamment auprès des jeunes diplômés. Dans ce cadre,
Nidaa Tounes promet la création de 90 mille emplois, parallèlement l’UTP parie
sur la mise en place de 143 mille emplois. De sa part le mouvement Enahdha
s’attache à réduire le taux de chômage pour atteindre 10% contre 15%, actuellement.
Ceci étant, les experts livrent une
lecture critique des promesses de "miracles économiques" des uns et
des autres. M. Radhi Meddeb, expert économique, estime que ces objectifs sont
« déconnectés de la réalité économique », il déclare que « La réalisation de niveaux élevés de
croissance est insuffisant sans un développement inclusif au plan social et
régional »
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Les régions
rêvent
La liste des promesses est encore
longue, mais le programme le plus attirant et le plus proche du vécu des
tunisiens, c’est celui de développement des régions pour réduire le fossé entre
eux. Tous les partis n’ont pas manqué d’imaginer un scénario adéquat pour les
régions, comme la promotion du tourisme, la réforme de l’infrastructure,
l’autonomie économique, l’industrie lourde …
L’industrie lourde désigne les
activités nécessitant l’emploi d’outils et de capitaux très importants. C’est
un domaine de la production ou la transformation de la matière première (les
mines ; la métallurgie, la chimie, construction navale, la production de
l’électricité…)
Afin de tenir leurs promesses, les
partis en lice ont vivement besoin de mieux préciser leurs programmes
économiques, et évidement, d'identifier les voies pour les concrétiser, tout en
respectant les difficultés financières qu’affronte le pays. En contre partie, ils sont appelés à consulter les experts
économiques, notamment que « la Tunisie fait face à une grande crise
financière et économique et nous estimons que les partis politiques ne sont pas
conscients de la situation » selon Mr Meddeb.
Malgré la multitude des projets
présentés par les partis politiques pendant leurs campagnes électorales, ils
restent utopiques. A moins d'un miracle, ces projets ne peuvent être réalisés.
